Introduction : Sur les scènes de Bangkok

Premier article du dossier : Le théâtre parlé contemporain de Bangkok, une pratique importée et balbutiante mais prometteuse

Bangkok, Novembre 2014

Après avoir passé quelques semaines à Bangkok, et y avoir rencontré pas mal de d'acteurs, metteurs en scène, scénographes, techniciens sons et lumières, etc. (amateurs ou professionnels, thaïlandais ou expatriés), il en ressort que, comme dans pas mal de pays, on peut diviser les représentations que l'on trouve sur scène en deux catégories principales : les productions qui ont leur disposition un budget abondant et celle qui n'en ont pas.

 

Les productions qui ne manquent pas de budget.

 

Nous ne nous étendrons pas sur le sujet dans ce dossier, mais il est important pour la compréhension de la scène thaïlandaise de préciser que parmi celles-ci, on peut distinguer trois types de spectacles :

 

D'abord, il y a les productions internationales en tournée dans le monde entier(souvent des comédies musicales), comme « The Beauty and the Beast, The Original Broadway Musical Spectacular » (La Belle et la Bête). Celles-ci sont sont bel-et bien présentes, mais forment un genre à part, non seulement parce qu'elles ne sont pas réalisées en Thaïlande mais aussi car leurs prix ne permettent en général qu'à une toute petite partie de la population d'en profiter. En effet, les prix variaient de 28€ à 115€ pour l'exemple de La Belle et la Bête (fin 2014), tandis que le salaire moyen est d'environ 390€ et qu'un repas à la table d'un restaurant de rue coûte environ 1,50€.

 

Ensuite, on trouve les comédies thaïlandaises grand-public. Elles sont parfois produites par des étrangers et parfois par des entreprises qui ont les moyens d'en assurer elle-même la popularité, c'est ce que nous explique Kao, membre de Democrazy Theatre Studio, un espace indépendant proposant des alternatives rares aux productions Bangkokoises.

Ces dernières années, on a vu aussi bien des classiques occidentaux comme Miss Saigon, Moulin Rouge, le Rocky Horror Picture Show ou Dr Frankenstein que des spectacles inspirés de l'histoire chinoise, très populaire dans une grande partie de l'Asie du Sud-Est.

 

Enfin, les spectacles traditionnels thaïlandais, comme le Khon, une danse traditionnelle anciennent jouée à la cour, ou bien les spectacles de marionnettes traditionnelles, sont financés par le gouvernement en particulier dans le but de promouvoir la « culture thaïlandaise », auprès des thaïlandais comme auprès des touristes, très demandeurs de ce genre de représentation.

 

Les productions qui se battent pour un budget décent.

 

La seconde catégorie et celle dont nous parlerons dans la suite, est composées des pièces montée par des compagnies thaïlandaises à petit budget comme B-Floor, Crescent Moon ou Democrazy, que nous avons rencontré. Ces compagnies présentent aussi bien des créations que des pièces étrangères comme Les Bonnes, de J.Genet, ou The Search for Signs of Intelligent Life in the Universe, de Jane Wagner, qui étaient à l'affiche au moment où nous y étions. James, acteur formé à l'Oxford School of Drama qui vit à Bangkok depuis quelques années maintenant, nous explique que les créations sont souvent du théâtre visuel, « ce qui aide à faire le pont entre les deux langues », l'anglais et le thaïlandais, langue que tous les expatriés ne parlent pas parfaitement. Quand les pièces contiennent du texte, elles sont en général surtitrées. C'était le cas pour The Search for Signs of Intelligent Life in the Universe que nous avons vue et qui était jouée en anglais, avec surtitres thaïlandais. Cependant, James nous précise que « même si les productions thaïlandaises sont surtitrées, j'ai vu l'exactitude des traductions varier énormément. »

A venir : Un peu d'histoire au sujet du théâtre contemporain parlé à Bangkok.

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© Juliette Wierzbicki