Le Kalari : un art martial traditionnel du Kerala

Octobre 2014, The Drama School Mumbai

Ce mois-ci, nous avons suivi les élèves et professeurs de le Drama School Mumbai, une école de théâtre au coeur de Bombay, pendant près d'une semaine. Le premier cours que nous vous présentons est le cours de Kalari de Belraj Soni.

Le Kalaripayattu est un art martial traditionnel de l'Etat du Kerala, dans le Sud de L'Inde. Le mot Kalari, abréviation pour Kalaripayattu, signifie en fait « terrain de combat » en Malayalam, langue officielle parlée dans le Kerala. Cette discipline est enseignée à la Drama School Mumbai par Belraj Soni, instructeur de renom. Deux fois par semaine, le cours débute à 08h précises par un échauffement sportif de la tête au pieds.

Puis commencent les exercices de Kalari. Tous exigent souplesse, dynamisme, équilibre, musculature, rigueur, concentration, précision et surtout persévérance. La position de chaque membre doit être contrôlée à tout instant. On tend les pointes de pieds, on répète les mouvements, on souffle et on attend systématiquement que tout le monde ait fini la série pour passer à la suivante, personne ne doit rester sur le bord de la route.

Pendant les exercices de souplesse pure comme le grand-écart latéral, l'instructeur (dénomination indiquée sur sa carte de visite) passe lentement auprès de tout le monde pour appuyer sur le dos de chacun.

À la 28ème minute, entre deux séries, on entend un timide mais suppliant « Water... Please ». « After », répond calmement M. Soni. Il m'expliquera à la fin du cours qu'il est d'usage dans beaucoup de pratiques traditionnelles indiennes de ne boire et manger qu'avant et après l’entraînement. À 08h33, l'instructeur annonce enfin « Attendez 30 secondes avant de boire de l'eau, respirez normalement, pas d'essoufflement. ». À la fois strict et bienveillant, il ne leur laisse que peu de répit, quelques instants plus tard, l'entraînement reprend.

Dans la dernière partie du cours, les élèves travaillent en binôme. L'instructeur se met tour à tour avec chacun d'eux pour leur montrer comment effectuer le mouvement correctement. Malgré les interdictions l'un des élèves en profite pour se faufiler derrière la scène, attrape sa bouteille d'eau et prend une gorgée. Manque de chance on remarque directement son absence, il se fait charrier : sa punition sera de 50 sauts écarts...

Nous sommes mi-octobre à Bombay, il est 08h45 et il fait déjà 35°C. Malgré les courants d'air précieux qu'offrent cette salle au 5ème étage, les élèves suent à grosses gouttes et les coups de pieds dans l'air éclaboussent. Seulement deux ou trois élèves ne semblent pas souffrir le martyr : Niketan, au premier rang, jure devoir sa souplesse exclusivement à ces 4 mois de Kalari, et Srishti, une des deux jeunes filles du groupe, garde le sourire et ne faiblit sur aucun mouvement.

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© Juliette Wierzbicki