Le respect du pain

Iran - Août 2014

La France est loin d'être le seul pays dans lequel le pain accompagne tous les repas. En Iran, par exemple, on en mange matin, midi et soir. Et pour alimenter une ville comme Téhéran en lavash, barbari ou sangak toute la journée, il faut du monde aux fourneaux, et en continu. La photo ci-dessus a été prise dans une rue de la capitale proche de Valiye Asr Square aux alentours de 22h, et les travailleurs n'avaient pas l'air d'être en train de fermer la boutique. Mais si le pain est fabriqué à un rythme aussi soutenu, c'est aussi parce qu'il durcit en quelques heures à l'air libre. A ce moment là, pas question de le jeter, au contraire, s'il est trop rassi, il est donné aux animaux, sinon, ses miettes peuvent être utilisées dans plusieurs recettes, notamment dans le traditionnel kebab. C'est ce qu'on préparera un soir à Ispahan avec la famille d'un ami dont Ely :sa sœur et ma maman d'un soir. Pour ceci, il nous faudra mélanger de la viande de bœuf hachée, des oignons mixés, des miettes de pain et du curcuma, avant de les mettre en forme sur des pics à brochettes plats. Les brochettes seront ensuite cuites au barbecue, puis mangées avec des tomates, des oignions, quelques gouttes de citron vert, et chaque bouchée bien sûr, dans un petit morceau de pain. Alors quand un aliment est aussi présent dans la cuisine d'un pays, on comprend qu'il soit quasi-interdit d'en jeter par terre, et s'il arrive d'en trouver un morceau tombé dans la rue, il est d'usage de le décaler pour éviter qu'il ne se fasse piétiner. En effet, marcher sur du pain serait un manque de respect envers cet aliment nécessaire.

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© Juliette Wierzbicki